L’Enlèvement au sérail
Singspiel en trois actes (1782)
Musique de Wolfgang Amadeus Mozart
Livret de Johann Gottlieb Stephanie
Langue : Chanté en allemand avec surtitres en allemand et en anglais
Âge recommandé : Convient à partir de 12 ans
À l’été 1782, dans sa vingtaine, Wolfgang Amadeus Mozart connaît son plus grand succès lyrique jusqu’alors. Avec L’Enlèvement au sérail, il compose une œuvre pionnière d’une immense importance pour le Deutsches Nationalsingspiel fondé à Vienne par l’empereur Joseph II, avec une musique inspirée et des personnages admirablement dessinés.
Mozart apporte à cette œuvre toute son expérience de l’opéra italien, toujours soucieux de créer une expérience scénique vivante et passionnante, mêlant mélodies captivantes et virtuosité vocale à des émotions profondes et à des portraits saisissants des personnages venus de mondes différents. De plus, son sens distinctif des timbres et ses processus musicaux minutieusement élaborés savent retenir notre attention à chaque instant. De la même manière que la langue se traduit en musique avec une sensibilité étonnante, la musique elle-même acquiert une puissance rhétorique extraordinaire.
Argument
L'action se passe dans le palais du pacha Selim, en Turquie au XVIIIe siècle.
Acte I
Belmonte entre, à la recherche de sa fiancée Konstanze, qui est tombée, avec sa servante Blonde, aux mains de pirates ; ceux-ci les ont vendues au pacha Selim (« Hier soll ich dich denn sehen »). Osmin, gardien du sérail et serviteur du pacha, entre pour cueillir des figues dans le jardin. Belmonte le presse alors de questions auxquelles le serviteur ne répond qu’à contrecœur. Belmonte cherche entre autres à obtenir des nouvelles de son serviteur, Pedrillo, qui après avoir été capturé avec les deux femmes, est devenu un serviteur dans le palais du pacha Selim. Osmin répond par des insultes et des injures (« Wer ein Liebchen hat gefunden »). Belmonte, frustré, sort. Pedrillo entre et Osmin tempête contre lui, promettant de le faire torturer et tuer de différentes manières («Solche hergelaufne Laffen »). Osmin part. Belmonte revient et retrouve avec joie Pedrillo. Ce dernier lui assure que Konstanze est en vie mais que le sauvetage de celle-ci et de Blonde, qui est par ailleurs la fiancée de Pedrillo, ne sera pas tâche aisée. Pour ce faire, ils doivent trouver un moyen de tromper Osmin. Pedrillo a un plan : Belmonte se fera passer pour un architecte, afin de pouvoir accéder au palais («Konstanze, Konstanze, dich wiederzusehen... O wie ängstlich»).
Accompagné par un chœur de janissaires (« Singt dem großen Bassa Lieder »), le pacha Selim apparaît avec Konstanze. Il s’efforce d’obtenir l’amour de Konstanze, en vain, et pose un ultimatum sous peine d’utiliser la force. Elle lui révèle que son cœur est déjà pris («Ach ich liebte ») et lui demande plus de temps avant l’échéance de l’ultimatum, puis sort. Pedrillo entre et interrompt les pensées du pacha pour lui présenter Belmonte, « l’architecte ». Lorsque Belmonte et Pedrillo entrent dans le palais, Osmin leur barre encore une fois le chemin, sans succès (« Marsch! Trollt euch fort! »).
Acte II
Blonde repousse les tentatives insistantes d'Osmin (« Durch Zärtlichkeit und Schmeicheln ») qui fait valoir qu’elle est sa propriété. Elle refuse, déclarant fièrement qu’elle n’est la propriété de personne. Il fulmine et elle le menace de l’attaquer. Après un duo (« Ich gehe, doch rate ich dir »), Osmin sort. Konstanze, pleine de tristesse, entre. Blonde tente alors de la réconforter en lui assurant que le sauvetage aura bien lieu (« Welcher Wechsel herrscht in meiner Seele ... Traurigkeit ward mir zum Lose»). Puis Blonde ressort en voyant le pacha approcher. Il déclare à Konstanze que sa patience est à bout et la menace d'utiliser la force si elle ne cède pas à ses avances d’ici au lendemain (« Martern aller Arten »). Bravement, elle refuse.
Pedrillo annonce à sa bien-aimée Blonde que Belmonte est arrivé et que tout est prêt pour l’enlèvement. Blonde exulte (« Welche Wonne, welche Lust ») mais s’inquiète d’Osmin. Pedrillo la rassure en lui expliquant qu’il mélangera un somnifère à du vin qu’il fera boire au serviteur du pacha. Elle sort pour informer Konstanze. Osmin rentre, et Pedrillo l’invite à boire (« zum Frisch Kampfe »; «Vivat Bacchus ! Bacchus lebe »). Son plan ayant réussi, les deux couples se réunissent («Ach Belmonte ! Ach, mein Leben»). Cependant, pris de suspicion, Belmonte et Pedrillo interrogent avec inquiétude leurs fiancées respectives pour savoir si elles sont restées fidèles au cours de leur séparation forcée. A leur plus grande joie, les femmes réagissent avec indignation et consternation. Elles leur pardonnent néanmoins ces questions et le rideau tombe.
Acte III
Au milieu de la nuit, Belmonte et Pedrillo arrivent dans le jardin avec des échelles pour commencer le sauvetage (« Ich baue ganz auf deine Stärke »; « In Mohrenland gefangen war »). Malheureusement, Osmin se réveille et donne l’alarme dans le palais (« Ha, wie will ich triumphieren »). Konstanze implore la pitié du pacha Selim et Belmonte explique que son père est un Grand d’Espagne, et le gouverneur d'Oran, nommé Lostados, qui payera une importante rançon. Malheureusement, le pacha et Lostados sont des ennemis de longue date. Le premier se réjouit de la possibilité de tuer le fils de son ennemi. Il laisse Belmonte et Konstanze seuls pour choisir la meilleure méthode de torture et de mort («Welch ein Geschick ! O Qual der Seele»). Quand il revient, il décide cependant de se rendre généreux, au contraire du père de Belmonte, et de leur laisser la vie sauve. Tous sont remis en liberté - à la grande consternation de Osmin, qui aurait préféré les voir tous brutalement exécutés. Belmonte, Konstanze, Pedrillo et Blonde chantent les louanges de la bonté humaine. Les janissaires réapparaissent et chantent en l'honneur du pacha (« Nie werd' ich deine Huld verkennen »).